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Regards


L'engrenage

Antoine Bernard, notre tabacologue invité le 18 janvier, s'est appliqué à nous expliquer la progression funeste de l'usage de certaines substances (alcool, tabac, drogue, sucre)à l'abus, puis la dépendance... Addiction signifiant à l'origine « esclavage ».

Les addicts seraient-ils des esclaves consentants, que leur simple volonté suffirait à tirer de là? Surtout pas ! Les personnes tombées dans la drogue, dans l'alcool ou le sucre (oui oui, le sucre) subissent des modifications chimiques du cerveau telles, que leur seuil de tolérance à ces substances, ne cesse d'augmenter. C'est l'engrenage. Et pour soigner les mécanismes chimiques, il faut de la chimie. Et souvent de la psy, parce que ces personnes souffrent. Au début, elles compensent cette souffrance par du plaisir, mais ce plaisir ne dure pas.

Pour le tabac, c'est DIFFERENT. Le tabac est un OVNI. Ici, pas de plaisir, ni de modification des perceptions. La fameuse dépendance à la nicotine, c'est bidon. On est dépendant de la combustion des composants de la cigarette, et ce à 20% seulement. A 40%, la dépendance est sociale : je fume parce que j'ai des rituels avec les autres, au travail, en soirée, pour me donner une contenance, etc. Très important quand on est ado… Enfin, on est dépendant à 40% psychologiquement car l'envie de fumer est programmée, à peu près toutes les heures.

Ce qui marche mieux pour combattre le tabac ? L'hypnose, car le corps n'est pas très dépendant... « La cigarette, ça ne sert à rien », conclut notre invité repenti, qui s'est adonné pendant 30 ans à ce geste inutile : fumer.


Par Béatrice Fauroux





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