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Regards


C’était pourtant clair

Recevoir un expert économique en pleine crise -de l’euro, du pouvoir d’achat, des banques ou quel que soit le nom qu’on lui donne-, permet au pékin moyen (pas le Chinois qui lui est en pleine croissance, enfin pas tous mais je dois fermer cette parenthèse car elle est vraiment trop longue) de comprendre enfin ce qui se cache derrière le mot crise. Et encore quand je dis comprendre, je devrais plutôt dire affranchi voire intronisé dans les arcanes du monde économique, car tout est devenu lumineux après les explications argumentées et avisées de Philippe Dessertine. Et puis fatalement vient le moment, le lendemain en général, où quelqu’un (en principe votre femme ou votre mari) vous demande : « alors, elle était bien ta soirée chez EMA ? Raconte ! ». Et là, encore enthousiasmé par votre chouette soirée et prêt à faire partager vos nouvelles compétences de quasi-expert en « je-sais-pourquoi-on-a-plus-de-triple- A-et-qu’onva-tous-crever » vous déclarez : « euh, ben, on va tous crever j’te jure c’est dingue, mais ce n’est pas encore sûr, on ne sait pas quand mais le gars il l’a dit ». Patatras ! Votre si belle assurance de néo-expert s’écroule comme une vulgaire bourse européenne à l’annonce d’une crise de goutte du ministre grec des finances. L’oeil en accent circonflexe de votre interlocuteur vous indique immédiatement que votre crédit est écoulé et qu’il pense que le niveau de la soirée devait être inversement proportionnel à celui de vos verres de vin.

Comme quoi économiste c’est déjà pas évident comme job, mais alors économiste pédagogue c’est encore plus rare. Donc bravo à Dessertine, et pour ceux que ça intéresse

on peut toujours faire un achat groupé de « L’économie pour les nuls ».

Par Hervé Weill


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