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Regards


In cauda venenum

Certains des propos de Christophe Barbier tenus lors de sa venue à Mulhouse ont trouvé un écho plutôt inattendu lors de l’interview de Dominique Strauss-Kahn, deux jours plus tard sur TF1. Le directeur de la rédaction de l’Express affirmait que son journal était « grillé » auprès du Bill Clinton français et savait ne pas être dans les petits papiers du politicien.

Il ne croyait pas si bien dire : pressé sous le feu nourri des questions intransigeantes de l’impertinente Claire Chazal, il a traité l’hebdomadaire de tabloïd. Oui, Mesdames et Messieurs, vous avez bien entendu : tabloïd !

On se dit que l’ex-patron du FMI entendait le mot dans la définition de la version britannique: journal avec jeune femme topless en page 3, scandales en tous genres et de préférence d’ordre sexuel. Donc, aucun rapport avec l’affaire qui amenait le mari d’Anne Sinclair sur la première chaine nationale. Chaine par ailleurs fleuron de la télévision française où les programmes et les animateurs de bon goût se succèdent d’années en années avec un seul objectif : maintenir un niveau culturel haut de gamme avec toutefois du temps de cerveau disponible. Culture et réflexion. Rien à voir avec ce torchon qu’est l’Express, où on ne peut même plus réaliser un banal fantasme, commun à tous les hommes de la planète - répondre aux avances d’une soubrette dans un hôtel de luxe - sans qu’il ne s’empare de l’affaire comme si c’était plus important que la dette de la Grèce. Au FMI on savait faire les deux et on ne s’en portait pas plus mal, non ? Bon, enfin presque.

Je vais maintenant vous dire la vérité, vous donner la véritable signification du message de Strauss-Kahn à l’encontre de Christophe Barbier. Elle se trouve dans la définition du mot tabloïd, la vraie, celle-là même qui figure dans le Larousse (Le Robert se devait d’être évité ici...) : « se dit d’un journal deux fois plus petit que le format habituel ». Oui, vous avez bien compris maintenant ce que personne n’avait remarqué jusqu’ici : de manière subliminale, DSK a traité Barbier de « p’tite bite » ! Inattendu je vous disais.

Par Hervé Weill


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