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Regards


L'éloge de la lenteur

L’assemblée générale nous a donné une occasion rare de prendre le train comme cela n’arrive plus dans nos pays modernes.

Prendre le train et son temps. Loin des vitesses de nos transports ferroviaires habituels, le petit train de la Doller lambine et permet de redécouvrir une vitesse propice à la rêverie. C’est un peu l’Invitation au voyage de Charles Baudelaire. Brinqueballé sur des banquettes en bois, on imagine d’autres contrées, là-bas, sans les citer, au gré du frottement des roues sur les rails, de la fumée qui noircit un peu le visage et du son strident du sifflet. L’esprit peut vagabonder librement vers des villes idéalisées et romantiques, des déserts arides, des océans déchainés, un soleil couchant sur l’océan Pacifique, Saint-Pétersbourg sous la neige ou un opéra à Milan. Des lieux connus de nous seuls, puisqu’ils se matérialisent d’abord dans notre imagination. Somewhere only we know.

Les voyages commencent dans notre tête pour mieux pouvoir profiter du moment où on le vit. Carpe Diem a-t-on coutume de dire et pourtant combien sommes-nous à penser à l’instant d’après ? Alors oui, Carpe Diem encore une fois, et encore et encore jusqu’à plus soif. Demain est un autre jour. Il sera temps demain de penser aux tracas quotidiens, à la situation du monde, aux amitiés déçues et aux amours impossibles.

Rêver au prochain voyage c’est comme avoir un ticket de loto dans la poche. C’est le rêve qui prend le pas, on se laisse aller aux choses positives et joyeuses pour un instant. Songe à la douceur d’aller là-bas vivre ensemble !

Alors enfin, il sera temps de se mettre en route et de vivre ses rêves n’importe où.
Là, où tout n’est qu’ordre et beauté, calme, luxe et volupté.


Par Hervé Weill





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